Pureté, lumière et espace pour ce projet d’habitation unifamiliale

Une impensable sensation de pureté, de lumière et d’espace

Paris Match vous invite cette semaine à visiter un bijou d’architecture discret taillé au millimètre : la résidence de 1500m² de l’architecte Luc Spits, conçue à son image dans l’esprit du minimalisme régi par le célèbre principe « less is more » de Mies van der Rohe.

Ici le moindre détail à été dessiné par l’architecte, également maître d’ouvrage. La conception du projet d’habitation est totale et néanmoins tendue vers un objectif de simplicité, de sobriété et de fonctionnalité. Elle peaufine chaque détail pour ensuite s’effacer au profit de l’émotion. Et qu’on ne s’y trompe pas: ce qui paraît si simple à l’œil, si évident, cache en réalité une grande complexité de réflexion et d’exécution. Un principe plus simplement exprimé dès Léonard de Vinci: La simplicité est la sophistication extrême ».

Les vitrages pesant quelques 1,4 tonnes/pièce et posés à l’aide de grues, la structure en béton armé de 29 mètres de long soutenant le porte-à-faux monumental formant le carport, le calepinage des dallages coupés sur mesure pour un alignement parfait intérieur-extérieur, la conception sur-mesure du mobilier, ou encore l’intégration des éléments d’éclairage sont autant de difficultés et de prouesses qui se dérobent au final à la vue comme à l’entendement pour faire place aux sensations recherchées de pureté, de lumière et d’espace.

Implanté dans un tissu semi-urbain au seuil du pays de Herve, le « Cube Blanc« , comme l’à baptisé l’architecte, exprime pleinement la démarche minimaliste de ce dernier, qui revendique ouvertement son attachement au courant de l’art contemporain né au sein d’un groupe de plasticiens au début des années 60 aux Etats-Unis. Il s’inscrit, en matière de design et d’architecture, dans la démarche entreprise au début du XXème siècle par l’école et le courant artistique du Bauhaus, avec des architectes et designers comme Ludwig Mies van der Rohe ou Marcel Breuer.

Le choix des matériaux tels que la brique claire, l‘aluminium laqué blanc, le verre et la pierre bleue accompagne d’ailleurs cette démarche en mettant en valeur la force et la finesse des lignes architecturales dominantes, tout en se projetant dans l’avenir en cherchant la meilleure solution en termes de gestion et d’entretien. Avec des façades à front de rue presque entièrement aveugles, ce projet au caractère fort apparaît très fermé de prime abord.

A l’intérieur, c’est tout le contraire: les espaces tout de blanc vêtus se déployant sur les 750m² du rez-de-chaussée sont pleinement baignés de lumière grâce aux imposants vitrages donnant toute leur légèreté aux façades arrières, orientées sur le jardin et la campagne avoisinante.
Sans fioritures, l’architecture de l’habitation composée de deux volumes perpendiculaires reliés entre eux par une allée intérieure, est subtilement appuyée par des jeux d’ombre et de lumière variant au fil de la journée.

Au rez-de-chaussée du premier volume, deux majestueuses portes de verre montées sur pivot s’ouvrent sur la cuisine et le séjour desservis par un couloir de circulation s’étirant sur toute la longueur de la façade, à l’instar des 3 chambres et des deux salles de bain de l’étage.
Le blanc des murs, des faux-plafonds intégrant l’éclairage et du corian de la cuisine renvoient la lumière naturelle sur les grandes dalles de pierre bleue qui se prolongent sur la terrasse, à fleur des 25 mètres de vitrage encastrés au sol.

Le second volume, qui reçoit la piscine à débordement et l’espace professionnel, offre encore d’avantage de surface vitrées. Couvrant les deux surfaces, celles-ci ont été directement juxtaposée et collées pour former l’angle du pignon latéral, à l’image du cube en verre.

 

L’aménagement extérieur, prolonge quant à lui les lignes de force de l’ensemble. Le plan d’eau et les éléments en béton entraînent horizontalement le regard vers le jardin et les campagnes.

Les limites entre intérieur et extérieur s’estompent, et c’est aussi là  que naît le sentiment de liberté inspiré par les lieux.

D’aucuns pourraient considérer les proportions de ce projet résidentiel comme démesurés par rapport aux besoins d’une famille de quatre personnes, mais ce serait sans prendre en compte la vision à long terme de l’architecte qui, dès le départ, a dessiné ses plans en prévoyant la divisibilité du bâtiment en quatre habitations distinctes partageant la piscine et le garage pouvant accueillir quatre véhicules. « J’aime l’espace, mais je n’en suis pas moins rationnel », souligne l’architecte. « Je n’investis jamais à fonds perdu… ».

Découvrir le projet en entier

Article: Paris Match – Jo Jacoby – 28.02.2012