Comment relier la ville de Visé à la Meuse

Comment relier la ville de Visé à la Meuse

L’architecte Luc Spits présentera son projet au MIPIM

  • Visé, ville touristique et commerçante attire encore plus de visiteurs
  • A condition d’améliorer les abords de la Meuse avec la présence de l’autoroute et du chemin de fer.

Le bureau Luc Spits Architecture à Visé sera présent le 13 mars prochain à Cannes, au salon MIPIM 2018, le plus grand salon européen à destination des professionnels de l’immobilier.
Pour sa troisième participation à ce salon, le bureau visétois va mettre sa ville natale à l’honneur. Le bourgmestre de la Ville de Visé, Marcel Neven, a réagi dans son traditionnel mot du bourgmestre. Il rappelle que ce projet n’est en rien celui des autorités communales de Visé mais que celles-ci sont particulièrement intéressées par ce projet.

 

 

« Si la ville s’évertue à mettre en avant son potentiel touristique et commerçant, il reste que les aménagements côté Meuse sont peu flatteurs. Le résultat est d’autant plus regrettable que les principales voies d’accès par l’autoroute et le train sont situées sur ces mêmes quais, en contrebas de la ville », explique Marcel Néven. Un bourgmestre qui voit d’autres points négatifs : « D’une part, pour les usagers internationaux, les grands murs de soutènement tagués le long de la voie ferrée n’invitent pas à la visite de la ville, de Visé et d’autre part, cet axe international majeur, coupe totalement l’accès de la ville au bord de Meuse ».
Une Meuse qui doit rester un attrait touristique.

« S’ils ont été durement délaissés par l’ère industrielle, les bords de fleuves dans les villes sont aujourd’hui devenus les lieux de toutes les attentions. Architectes, urbanistes et décideurs ont bien saisi l’attrait de l’eau. Elle inspire la promenade, le sport, la détente, mais aussi la plus-value immobilière et la revitalisation commerciale et touristique », indique-t-il. Il suffit de voir ce qu’a donné le réaménagement des Quais sur Meuse à Liège, un réaménagement assez bien réussi. Le concept de ce projet 2018 de Luc Spits Architecture sera donc de rendre à Visé son bord de Meuse, tout en améliorant son accès, ses équipements et sa mobilité douce.

« La proposition s’étend sur un kilomètre, depuis la sortie d’autoroute, au sud de Visé, jusqu’à la gare SNCB. Un parc et des promenades traversent le fossé d’une quarantaine de mètres de largeur pour rejoindre en pente douce le bord de l’eau. Un geste fort audacieux, certes, mais motivé par un profond respect de la ville. Les axes forts du projet s’appuient en effet sur les points stratégiques et historiques de la ville comme la rue Haute, l’avenue Albert 1er, la maison communale ou encore la gare et le pont. L’objectif étant d’offrir depuis chacun de ces points, une percée visuelle et paysagère sur la Meuse », explique Marcel Néven.

PROFITER DE L’EAU

Etranglée entre le rocher de Richelle, l’autoroute et les voies ferrées, Visé peut ainsi reprendre un peu de terrain à destination des loisirs, du logement et des commerces, tout en profitant enfin du bord de l’eau. « Ce projet prévoit également une nouvelle passerelle piétonne reliant l’île Robinson. Là encore, le réaménagement du club nautique permet aux automobilistes de remarquer l’attrait de la ville, avant l’entrée dans le futur tunnel. De quoi rêver ? Mais la politique est faite de rêves dont certains deviendront un jour réalité. Pensons par exemple au centre culturel de Visé et à sa salle de théâtre modulable en cours de réalisation », rappelle le bourgmestre de Visé. Nous verrons comment ce projet sera accueilli au MIPIM à Cannes et les suites que pourra donner le bureau d’architecture visétois à cet ambitieux projet.

PROJET

« On va végétaliser l’entrée de la Ville »
Luc Spits a baptisé son projet « The canopy » car « c’est la végétation au sommet des forêts. On va amener un manteau végétal sur les bâtiments », précise Luc Spits. L’architecte visétois veut améliorer l’entrée de la Ville de Visé qui n’est pas très belle pour l’instant, comme le confirme le bourgmestre Marcel Neven (lire ci-dessus).

RECOUVRIR L’AUTOROUTE

« Par ce projet, je propose de recouvrir l’autoroute E25 et le chemin de fer par une structure verticale sur laquelle on installerait une dalle en béton. Et sur cette dalle, on pourrait construire du logement, des commerces et des espaces publics », indique Luc Spits qui poursuit :
« Le point positif de l’autoroute et du chemin de fer est qu’ils permettent une belle communication avec Maastricht et Liège. Le point négatif est l’esthétique.

Grâce à cette structure verticale, on aura la Ville de Visé sur la Meuse, ce qui n’est pas le cas actuellement. Et cela coûtera moins cher que de créer un tunnel, comme à Maastricht où les travaux ont duré très longtemps ». Si l’objectif premier est de relier la Ville de Visé à la Meuse, un autre objectif est aussi d’étendre la Ville de Visé et sa population.
« Il y a une demande importante du public pour venir habiter à Visé mais il y a peu d’offres pour l’instant. J’envisage la construction d’environ 400 logements, de plus ou moins 80 commerces de proximité avec de l’horeca et des espaces culturels depuis le Pam Pam jusqu’à l’Hôtel de Ville de Visé. Le centre-ville de Visé deviendrait alors piétonnier, comme à Maastricht, avec des parkings de délestage importants. Et ce seraient des mini-bus électriques qui achemineraient le public dans le centre, avec des temps d’attente de deux à cinq minutes maximum.
Ce sera une idée difficile à faire admettre car on sait que les Visétois aiment se garer avec leur voiture devant les commerces ! », prévient Luc Spits.

UNE PASSERELLE PIETONNE

Autre objectif de ce projet, c’est améliorer la mobilité douce. Luc Spits propose un piétonnier au centre-ville mais aussi une passerelle piétonne conviviale, comme à Maastricht, qui relierait Hermalle et Visé à l’île Robinson. Il propose aussi un taxi fluvial qui officierait sur la Meuse de Hermalle-sous-Argenteau à Maastricht, sans le stress des bouchons sur l’autoroute, comme la navette fluviale à Liège.
« Des contacts ont déjà été pris avec des sociétés qui assurent ce genre de transport », annonce Luc Spits. Un projet qui pourrait se concrétiser non pas dans 20 ans mais beaucoup plus tôt. « Des contacts sont pris avec les Ministres concernés pour obtenir les autorisations de construire au-dessus de l’autoroute et du chemin de fer puis pour obtenir des financements », ajoute l’architecte visétois. Sans oublier l’aspect environnemental du projet. « On veut végétaliser la Ville et installer la nature en ville. Il y aurait des connexions avec les quais de la Meuse par des rampes végétalisées ; des toitures végétales, des immeubles passifs et transparents », conclut Luc Spits.

En savoir plus sur le projet

 

Par Marc Gérardy – Paru dan La Meuse et Le Soir