Un signal fort pour une ville contemporaine

Luc Spits rêve de tours à Liège

Sky Peak n’est encore qu’un avant-projet. Mais elle a tapé dans l’œil des visiteurs… Et des investisseurs ?

Impossible de la rater sur le flanc wallon du Pavillon belge au Mipim… De verre et de… vert vêtue, la tour de l’architecte liégeois Luc Spits (Visé) attirait tous les regards, qu’elle soit présentée en grand sur un des murs ou en modèle réduit à côté. Alain Juppé en personne, maire de Bordeaux, s’y est même arrêté lors de sa visite du stand belge.

Alliant façades vitrées côté cour (sans doute équipées de cellules photovoltaïques développées par l’entreprise liégeoise Issol, elle aussi présente sur le stand wallon) et façades vertes côté jardin, Sky Peak est pour le moins originale. « Un projet rêvé », ont cependant soufflé certains, lui reprochant son manque d’attaches concrètes. Car, si, sur papier, on la voit s’élancer de toute sa hauteur (156m à la pointe, 120m pour le 29e et dernier étage) sur l’eau, au confluent de l’Ourthe et de la Meuse, en plein coeur de Liège (Parc de la Boverie), ce n’est pas là qu’elle sera amarrée à terme. « J’ai ancré la tour sur ce lieu emblématique avec l’idée d’être un peu provocateur », raconte Luc Spits, conscient que son projet allait créer le buzz. « L’idée première était de venir au Mipim avec un projet qui marque », sourit-il. Et de reconnaître que le futur emplacement de Sky Peak n’est pas encore définitivement arrêté. « J’ai toutefois trouvé le terrain parfait, d’une superficie de 20 000m² [celui choisi pour la réalisation de l’avant-projet n’en fait que 5 000, NDLR], à un emplacement judicieux. Mais je ne veux rien en dire, de peur qu’il me passe sous le nez. » Ce que l’architecte veut bien confier, par contre, c’est sa recherche d’investisseurs, d’où sa présence à Cannes. Le coût total de l’opération, terrain compris, est estimé entre 150 et 200 millions d’euros tout de même.

Appartements haut-de-gamme

La future tour cumulera une surface plancher de 80 000 à 130 000m². Affectés, en théorie toujours, à du bureau, du logement et des commerces de proximité au rez-de-chaussée. Ainsi que, pourquoi pas, un restaurant ou un fitness aux étages supérieurs de la tour, afin d’en ouvrir l’accès au public. « Et ce, à l’inverse de la Tour des Finances, glisse Luc Spits, qui culmine sensiblement à la même hauteur que la nôtre : 118m pour le dernier étage, 136m à la pointe. » Côté tarifs, le parti-pris est très clairement le marché haut-de-gamme. « Sans pour autant viser des prix fous. On devrait atteindre 2 800 à 3 500 euros/m² pour les logements des niveaux inférieurs de la tour, 4 500 à 5 000 pour ceux des niveaux supérieurs », tempère-t-il.

Vers plusieurs tours à Liège

Par son geste architectural, l’architecte visétois espère secouer un peu les Liégeois, jusque-là peu amateurs de tours. « Il faut donner un signal fort, conférer à Liège l’image d’une ville contemporaine », assure-t-il. Citant la Tour Mercedes de l’architecte hollandais Rem Koolhaas (quartier des Vennes), il le martèle haut et fort:  » Dans 10 ans, personne ne s’opposera plus aux tours à Liège ! »

Luc Spits, architecte de la Tour Sky Peak, cherchait des investisseurs à Cannes.

 

Article: La Libre Immo – Frédérique Masquelier – 23.03.2017